Conférence-débat : « La cristallographie, une science toujours actuelle ? »

Le Jeudi 9 octobre de 12h15 à 13h45, à la salle de conférence BU-Sciences aura lieu des conférences dans le cadre de l’expo « le cristal sous toutes ses facettes ».  David Amans de l’Institut Lumière Matière en sera le modérateur, et Voici une présentation des principaux conférenciers.

Richard Haser, Directeur de Recherche Emérite au CNRS, (Institut Lumière matière de Lyon)

Cristallographie et Biologie, un couple idéal et nécessaire pour mieux comprendre le vivant et innover

 

richard-haserAprès quelques incursions historiques, nous insisterons sur l’apport de la cristallographie dans le domaine de la Biologie.  On rappellera que les organismes vivants fonctionnent grâce à une multitude de molécules de différentes natures (ADN, protéines, sucres, lipides, enzymes…), molécules souvent en interaction pour assurer et contrôler une myriade d’activités cellulaires. La connaissance de leurs structures détaillées, à l’état isolé et en complexe avec des molécules partenaires, est indispensable pour décrypter les mécanismes des processus du vivant. Quand ces molécules et leurs complexes peuvent cristalliser on peut s’attendre à pouvoir les « voir » à l’échelle atomique, grâce à la BioCristallographie. La combinaison des approches biologique et cristallographique permet dès lors des applications fascinantes, comme l’ingéniérie d’enzymes d’intérêt industriel ou encore la contribution à la conception de nouveaux médicaments. J’illustrerai cette histoire balisée de résultats remarquables et/ou prometteurs, dont certains obtenus à l’IBCP de Lyon.

 

Patrice Mélinon, Directeur de recherche CNRS (Institut Lumière Matière de Lyon)

Lorsque la topologie frappe à la porte : la cristallographie dans tous ces états

 

patrice-melinonLa catastrophe des ultraviolets et l’expérience de Michelson ont montré que la physique classique de la fin du XIXème siècle n’était pas une science achevée. Il en va de même pour la cristallographie ou l’on apprenait autrefois que la description complète de tout « système périodique » base de la construction de tout cristal pouvait s’interpréter en utilisant 17 groupes d’espace à 2D, et 230 à 3D. La découverte des quasicristaux par Dan Shechtman et collaborateurs en 1982 (qui lui a valu le prix Nobel de physique en 2011) a permis de revisiter notre vision de la cristallographie en se projetant dans des espaces (Euclidien) au-delà de 3D. Paradoxalement, l’espace à 2D qui semblait trivial et « pauvre » a permis de prendre pleinement conscience du rôle de la symétrie dans les propriétés physiques.  Ainsi l’existence de symétries particulières dans le graphène induit des paires d’électrons se comportant comme une quasiparticule de masse nulle ce qui ouvre des perspectives notamment dans le domaine de la microélectronique. Cette (re)découverte a valu à Geim et Novoselov le prix Nobel de physique en 2010. De même l’utilisation de concepts issus des géométries non Euclidienne (Riemann et  Schwarz) a permis de comprendre des formes cristallines exotiques du carbone basées sur les fullerènes ou les schwarzites.

 

Stéphane Veeshel ,  directeur de recherche CNRS (Centre Interdisciplinaire de Nanoscience de Marseille)

Eleveurs de cristaux

stephane-veeshelPhysiciens et chimistes à la fois, nous élevons des cristaux en solution. Comment apparaissent  et comment croissent ces cristaux? Nous présenterons les méthodes traditionnelles, mais aussi les plus récents progrès en termes de cristallisation. En utilisant le confinement, nous montrerons que nous pouvons choisir le lieu et le moment de la cristallisation (contrôle spatial et temporel).

 

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